TOKONOMAD — KAILASH
Présenté à Osaka International Art 2025, puis dans une forme prolongée à Atelier 9, Bangkok.
Philippe Moisan & Gaspard R. Pleansuk
Deux gestes, deux trajectoires, une même attention : approcher ce qui, dans le monde, persiste au-delà de sa forme visible.
Depuis plusieurs années, Philippe Moisan et Gaspard R. Pleansuk développent un dialogue entre lumière, matière et mémoire. Non comme des concepts, mais comme des expériences traversées.
La photographie de Philippe Moisan procède par retrait : lente, attentive, sans intervention. Elle accueille le réel tel qu’il advient, au seuil de sa disparition.
Le geste de Gaspard R. Pleansuk s’inscrit dans la matière : feuille d’or appliquée à la main, héritée des savoir-faire traditionnels thaïlandais. Fragile, instable, elle ne vient pas recouvrir — elle révèle.
Entre ces deux pratiques, l’image se déplace.
Elle n’est plus surface. Elle devient lieu de passage.
Dans Kailash, l’or ne décore pas. Il traverse.
Il ne désigne pas une forme — il ouvre une circulation.
À l’endroit précis où la lumière captée rencontre la matière déposée, un seuil apparaît.
L’image cesse d’être représentation pour devenir présence instable.
Présenté d’abord à Osaka International Art 2025, puis repris dans une forme prolongée à Atelier 9, Bangkok, Kailash marque un moment de maturité dans cette collaboration : une œuvre où le minéral, la lumière et l’or ne se superposent pas, mais entrent en tension.
Les deux gestes demeurent distincts.
L’un capte. L’autre révèle.
Entre eux, une tension se maintient.
Ce qui émerge n’est pas une fusion, mais un espace commun :
un lieu où ce qui est donné et ce qui est transformé coexistent sans se résoudre.
TOKONOMAD — KAILASH
Presented at Osaka International Art 2025, and later extended at Atelier 9, Bangkok.
Philippe Moisan & Gaspard R. Pleansuk
Two gestures, two trajectories, one shared attention: approaching what, in the world, persists beyond visible form.
Over the years, Philippe Moisan and Gaspard R. Pleansuk have developed an ongoing dialogue between light, matter, and memory — not as concepts, but as lived processes.
Moisan’s photography operates through withdrawal: slow, attentive, without intervention. It receives the real as it emerges, at the edge of its disappearance.
Pleansuk’s gesture unfolds within matter: gold leaf, applied by hand, rooted in traditional Thai craftsmanship. Fragile and unstable, it does not cover — it reveals.
Between these two practices, the image shifts.
It is no longer a surface. It becomes a passage.
In Kailash, gold does not decorate. It traverses.
It does not point to form — it opens a flow.
At the precise point where captured light meets applied matter, a threshold emerges.
The image ceases to function as representation and becomes an unstable presence.
First presented at Osaka International Art 2025, and later extended at Atelier 9, Bangkok, Kailash marks a mature moment in this collaboration: a body of work in which mineral matter, light, and gold do not simply overlap, but enter into tension.
The two gestures remain distinct.
One captures. The other reveals.
Between them, a tension is sustained.
What emerges is not a fusion, but a shared space:
a place where what is given and what is transformed coexist without resolution.